Le musée de Baham
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Sociétés secrètes et religion

A Baham, l’organisation sociale et politique est fondée sur la répartition des titres hiérarchisés et sur les sociétés dites secrètes (seules quelques-unes sont authentiquement secrètes) qui constituent : les rouages religieux, politiques, économiques, militaires, judiciaires et culturels contrôlant la vie sociale et limitant au besoin les éventuels abus du pouvoir du roi feu; l’ossature de tout l’édifice sociale; la tribune qui permet aux individus de s’exprimer et d’être partie prenante des affaires du royaume; etc.

Certes, ces associations ne dissimulent pas leur existence, leur matériel rituel, leurs emblèmes, etc., mais pour les plus puissantes ce qui s’y fait réellement, à savoir les pratiques et les rites, les significations des symboles, en un mot, l’essentiel, reste interdit au profane. Les mkem sont d’une grande variété (à l’accession au pouvoir un roi peut en créer une ou plusieurs) et chacune peut avoir ses masques, ses danses, ses symboles et son matériel spécifique qui la distingue des autres.

 
    La société kou’gaing en action


La société kom manu’ en parade avec un jeune successeur

On peut les classer selon leurs fonctions (politiques, militaires, ésotériques, religieuses, économiques, judiciaires, etc.), les périodes de leur fondation, leurs lieux de réunion (les mkem de la résidence royale s’opposent à celles des quartiers ou des puissants lignages), la stratification sociale (mkem des princes ou des membres du sang royal, mkem des serviteurs ou notables roturiers). Masques, contenants, parures, costumes, sièges, bref divers éléments de la culture matérielle sont utilisés par les mkem soit comme matériel rituel lors de leurs activités, soit comme des emblèmes et symboles indiquant le rang de chacun, légitimant le pouvoir et l’autorité du détenteur individuel ou collectif.Dans les royaumes du plateau bamiléké comme ici à Baham, le pouvoir a été à l’ombre du secret et entouré de mystère et de sacré, d’où l’aspect quelque peu terrifiant, inquiétant et religieux qu’entretiennent les puissantes sociétés secrètes.Ceci est matérialisé par des masques, des récipients, des costumes, des statues, des parures et d’autres productions plastiques tant au niveau des formes qu’au niveau de la mise en place dramatique et spectaculaire, leur vision devant provoquer une intense émotion et frapper les imaginations lors des rites.

 
    Une cérémonie d’initiation

Ceci est matérialisé par des masques, des récipients, des costumes, des statues, des parures et d’autres productions plastiques tant au niveau des formes qu’au niveau de la mise en place dramatique et spectaculaire, leur vision devant provoquer une intense émotion et frapper les imaginations lors des rites. Les objets les plus craints lorsqu’ils sont sacralisés sont ceux associés au kè (kaing), à la fois la transcendance, la force, le dynamisme, la magie, les rites d’initiation, de fécondité et de fertilité.


La société nye sur la place du marché

Les Baham croient à l’être suprême Si, tout en rendant un culte à de nombreuses divinités, en dehors du christianisme en plein essor depuis la première moitié du XXe siècle. Le Baham redoute l’action des morts, en particulier des ancêtres sur les vivants. Le culte des ancêtres est la base de la religion autochtone. L’organisation politique et sociale reposant sur des conceptions religieuses intimement liées au terroir, ces ancêtres en particulier royaux constituent une sorte de lobby qui de l’au-delà intervient dans la vie communautaire. Le culte qu’on leur rend est périodique et il utilise divers matériels rituels : masques, statues, récipients, instruments de musique, costumes, etc. A Baham, il existe des sanctuaires de la famille, du quartier, du lignage et du royaume. Le plus important parmi la dizaine des principaux sanctuaires est Fovu’.


La société hweneka’ en action

Les croyances des Baham liées à la divination, la malédiction ndo, la sorcellerie, la magie, la protection et la purification du royaume de façon occulte, donnent lieu à des rites, des danses et diverses cérémonies qu’animent les sociétés secrètes utilisant un matériel spécifique, des figures sculptées, peintes, tissées et brodées. L’apparition la plus spectaculaire de ces productions a lieu lors des cérémonies funéraires, de l’intronisation des rois et des notables, des rites bisannuels du kaing (rites relatifs à des initiations, à des cultes de fécondité, à l’évocation et à l’utilisation des forces occultes pour le bien-être du groupe). Une des principales raisons qui explique la liaison intime entre l’art et la religion est que l’expression graphique ou plastique restitue au langage la dimension de l’inexprimable. La difficulté de percevoir le monde invisible, le problème de montrer les aspects des pouvoirs surnaturels tout en voilant ceux qui sont réservés aux initiés, impliquent le recours aux symboles.

     
     
     
     

Statue religieuse représentant un chef d’une société sécrète kou’gaing (tadye kou’gaing)

     
     
     
     
 
     

Statue d’un homme assis (pfa gop)

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