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Bases historiques de la crÉation artistique. Fondation de Bandjoun et premiers rÈgnes

On retrouve un certain nombre de productions plastiques illustrant la fondation de Bandjoun, la période de l'émergence du royaume et des premiers règnes.

Il s'agit d'œuvres importantes et sacrées indispensables à la continuité culturelle, à l'exécution des rites royaux et nobles, à faire respecter l'autorité du roi et des notables, etc.

 
 

Les objets laissés par le fondateur Notuégom sont des plus significatifs. C'est à cette époque que remontent les plus anciens spécimens, d'étonnantes créations plastiques que sont les masques bovidés aux formes harmonieuses et surtout les masques improprement dits "batcham" (de la société guerrière msop), qui témoignent une des plus imaginatives conceptions sculpturales de toute l'Afrique.

Le Grassland, auquel appartient Bandjoun, est peuplé depuis 2500 ans. Au cours d'une longue période obscure qui s'acheva au XIVe siècle, furent élaborées les institutions de base de cette partie du Cameroun. C'est à partir du XIVe siècle après Jésus-Christ, peut-être même avant, que se développa la civilisation des "rois-chasseurs", marquée par la fondation de la plupart des royaumes (certains apparaîtront aux XVIIe et XVIIIe siècles comme Bandjoun). L'histoire et les mythes concernant la fondation de ces royaumes font intervenir la lutte pour l'obtention des parures et attributs du pouvoir. Ainsi, c'est en s'emparant du mystérieux bracelet rituel du chef Foadibu que le prince chasseur immigrant Notuégom devint roi et créa Bandjoun.

A la suite d’une dispute à propos d'un partage d'huile de palme et d'un projet de succession, il s'était enfui de la chefferie de Nepèguè (noyau de l'actuel Baleng) accompagné de quelques partisans.Il s'installa alors comme chasseur plus loin au sud-est, dans une région giboyeuse et divisée en une dizaine de petites chefferies rivales et indépendantes telles que Dibu, Mouwè, Moudjo, Soun, Deng Mbem, etc.
Notuégom réussit à obtenir la confiance du puissant Foadibu, le chef de Dibu, (le plus important du secteur) et épousa sa fille. Un jour, le chasseur envoya du gibier à son beau-père. Le monarque retourna à son gendre le sac rempli de légumes, par l'intermédiaire de sa fille. Etrangement, le bracelet de cuivre, insigne du pouvoir et symbole de la royauté de Foadibu, se trouvait dans le sac, soit parce qu’il y était tombé par mégarde, soit parce qu’il y avait été déposé par inadvertance ou même caché par la princesse au bénéfice de son mari, etc. C'est ainsi que Notuégom se retrouva paré du fameux objet et fut donc aussitôt reconnu comme fo. (pann1a, n°4)

 
    Vase avec terre amenée de Nepèguè (actuel Baleng) par Notuégom fondateur de Bandjoun, XVIIe siècle.

  Notuégom agrandit sa petite chefferie en soumettant plusieurs roitelets du voisinage, en accueillant des étrangers venus d'ailleurs et en achetant des esclaves. C'est de là qu'est venu le nom de Bandjoun, une déformation de Padjo (pe - les gens; djo - acheter, par extension pays des gens qui achètent). Le pays fondé par des originaires de Nepèguè, Leng (Baleng) sera appelé Leng-Djo. C'est à la tête d'une chefferie en plein essor que Notuégom, devenu vieux, disparu de façon mystérieuse. D'après certaines sources, il se noya dans un marigot situé à Pu'muneyeh, l’un des lieux de culte le plus sacré de Bandjoun. Les successeurs immédiats du fondateur s'employèrent à étendre le territoire de Bandjoun et le pouvoir royal, à asseoir les institutions politiques, sociales et religieuses par la ruse et la force, à développer les arts. Parmi les souverains les plus réputés, figure le grand organisateur Dyugnechom, le roi à la poigne de fer qui a donné à Bandjoun ses caractéristiques fondamentales.
Pu'muneyeh    

Le prestige et la puissance des rois et des notables de Bandjoun au XIXe siècle et à l'aube du XXe siècle sont matérialisés par plusieurs objets dont de remarquables trônes, des perles de valeur, des calebasses d'apparat, des peaux de panthère et des défenses d'éléphant. Si le XIXe siècle d'une part est marqué par la grande expansion territoriale et économique de Bandjoun, le XXe siècle d'autre part est caractérisé par l'arrivée des Européens (1904), par la colonisation (1905), par l'introduction des cultures occidentales et du christianisme, le tout accompagné d'importants changements. La société de Bandjoun et la civilisation dont elle est porteuse adoptent simultanément de nos jours des attitudes apparemment contradictoires: la fidélité aux valeurs ancestrales et l'aptitude aux progrès, le souci de la pérennité et la volonté de renouvellement.

Des artistes talentueux ont célébré le faste de la cour des rois bandjoun, la grandeur et le pouvoir de ses monarques, la solidité des institutions, par la réalisation de grands trônes, véritables, impressionnants mariages de formes et de couleurs.

     
     
     
     

Défense d’éléphant (sung so)

     
     
     
 
     

Trône royal perlé (kuo fo)

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